La politique, l’affaire de tous

La politique

Il serait particulièrement ambitieux et peut-être futile de tenter d’expliquer la politique d’un point de vue historique. La politique est souvent définie comme étant le processus par lequel, des décisions s’appliquant à un groupe de personnes sont prises. Et de tels processus, il faut évidemment y avoir recours. La politique, pourrait être considérée comme étant l’alternative à la Loi du Plus Fort.

De cette définition, deux principes fondateurs du concept de « politique » se dégagent. Le premier est que la politique a pour vocation de servir les intérêts du plus grand nombre. Ensuite, la politique se veut être un processus par lequel, la force n’est pas le seul facteur déterminant.

La politique est donc un mécanisme social auquel tous participent, fondé sur le consensus du plus grand nombre, pour prendre des décisions qui affectent tous les participants, et qui bénéficie au plus grand nombre d’entre eux. Le plus grand nombre, car même dans les conditions optimales, il est virtuellement impossible de satisfaire tout le monde.

Si la politique est aujourd’hui mal perçue dans la plupart des sociétés, c’est parce que ses critères de définition ne sont plus strictement respectés. De nos jours, tout le monde ne participe pas directement à l’activité politique. En raison du nombre considérable de personnes qui sont concernées par les décisions prises, les gens sont contraints de participer par procuration, par représentation. De plus, les décisions ne font plus nécessairement l’affaire du plus grand nombre. On a souvent l’impression que c’est un nombre restreint de personnes qui tirent profit des fruits du labeur politique, même lorsque les ressources du plus grand nombre sont mises en commun. Cette impression est parfois avérée, tout comme elle peut parfois être justifiée par une mauvaise lecture des objectifs à long-terme.

Dans un cas comme dans l’autre, la réalité est la même. La politique est aujourd’hui mal vue, même si personne ne doute de l’importance qu’elle prend dans l’organisation des sociétés humaines. C’est cette importance très grande qui a fait naître le besoin de codifier l’activité politique. Ainsi, un ensemble de règles et de directives ont vu le jour, dont la vocation est d’empêcher que l’outil politique soit détourné pour devenir un outil d’enrichissement personnel, d’asservissement ou d’avilissement d’une frange des personnes affectées par les décisions politiques. Il s’agit entre autres de la limitation du nombre de mandats, de la notion de conflits d’intérêts et bien plus encore. Mais, comme on peut le constater au quotidien, ces règles ne sont pas infaillibles. Et même si dans certains pays les infractions sont criardes, ailleurs, il s’agit de contournements habiles et souvent plus insidieux.

On est donc en droit de s’interroger sur la politique à notre époque. Est-elle encore plus utile qu’elle n’est néfaste ? Les gouvernés sont-ils encore en droit d’attendre du bien d’un mécanisme qui ne semble leur vouloir que du mal ? Des questions pertinentes qui soulèvent un point encore plus essentiel. La politique, on la voit aujourd’hui comme une affaire des dirigeants. Mais c’est uniquement en comprenant que la politique se fait à tous les niveaux qu’on peut en garantir l’utilité.